Remise à niveau en orthographe et grammaire

 

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Par Caroline Beyer

 

À Vitrolles, des enfants de CM2 suivent un stage de remise à niveau en français et en mathématiques.-17GERARD JULIEN/AFP-

 

L’enseignement de l’orthographe à l’école pâtit d’un temps d’apprentissage réduit et de pédagogies «nouvelles» inefficaces.

«Sa va?» La question, ainsi posée, inonde les textos et les réseaux sociaux, sans que les adolescents n’en soient choqués. Un détail sans importance en ce XXIe siècle fait de correcteurs d’orthographe et de logiciels de reconnaissance vocale? Pourtant, l’utilisation d’un déterminant possessif en lieu et place d’un pronom démonstratif révèle une incompréhension manifeste de la langue française, de sa grammaire et de son sens.

Le niveau d’orthographe a baissé, tout comme son importance symbolique. Cette orthographe, faite de règles et de logique, appelée à tort «science des imbéciles», est passée au second plan à l’école, sur fond d’idéologie et de lâcher prise. Et si certains ont beau jeu de critiquer une sempiternelle et nostalgique complainte, la baisse de niveau des petits Français est une réalité avérée. Un recul qui va de pair avec celui des compétences en lecture.

Publiée en 2012, une étude du ministère de l’Education nationale basée sur une dictée proposée en 1987 puis en 2007 à des élèves de CM2 montre que le nombre d’erreurs a augmenté en moyenne de 10,7 à 14,7. En tête, les fautes grammaticales (7,1), suivies des erreurs lexicales (2,1). Quant à la proportion des élèves faisant plus de quinze erreurs, elle a bondi en dix ans de 26 à 46 %.

La faute à qui? À une donnée objective, d’abord. Le temps. D’année en année, le temps d’apprentissage s’est réduit. Entre 1970 et 2010, les semaines ont été amputées de six heures. Parallèlement, d’autres champs disciplinaires ont fait leur apparition à l’école primaire, du numérique au développement durable, en passant par la sécurité routière. On fait donc moins de dictées, exercice imposé depuis 1882, moins d’orthographe, moins de grammaire, tout simplement.

 

Entre 1970 et 2010, les semaines ont été amputées de six heures

Par ailleurs, les pédagogies dites «nouvelles» qui ont tenté de réinventer l’apprentissage de l’orthographe n’ont pas toujours été productives. Président du Syndicat national des écoles (SNE), Pierre Favre pointe les programmes revus en 2002 par Jack Lang, qui ont introduit «l’observation réfléchie de la langue» - ou l’idée de «proposer aux élèves de prendre la langue comme objet de réflexion». «Les programmes de 2008, mis en place par Xavier Darcos, auraient dû inverser la tendance, mais sur le terrain, ces méthodes dites intuitives ont continué de fonctionner», estime-t-il.

Par ailleurs, si la méthode d’apprentissage de la lecture dite «globale», initiée dans les années 1970 par opposition à la méthode «syllabique», a été mise de côté depuis 2003, elle a visiblement laissé des traces. Dans l’ouvrage La revanche des nuls en orthographe, publié en 2012, Anne-Marie Gaignard, diagnostiquée à tort dyslexique à 9 ans, critique haut et fort cette méthode, ainsi que la formation des enseignants, faite d’«idées ronflantes» mais ne fournissant «aucun outil réel». «Où est passée la pédagogie, celle qui fonctionne, qui fait de vrais petits miracles?», interroge l’auteur qui explique avoir traîné sa mauvaise orthographe jusqu’à l’âge adulte. Et conclut: «Les mots, c’est la vie, ils donnent accès à tout.»

Plus inquiétant, une récente étude de l’Éducation nationale comparant les compétences d’élèves de CE2, en 1999 et en 2013, constate un recul de 3 points sur l’ensemble des épreuves de français. Avec une baisse avérée en orthographe (- 6 points pour l’exercice consistant à transformer au genre masculin un texte au genre féminin), en compétences langagières, ainsi qu’en compréhension de texte.

«Il y a certaines lettres qui ne se prononcent point, et qui ainsi sont inutiles quant au son, lesquelles ne laissent pas de nous servir pour l’intelligence de ce que les mots signifient…», écrivaient en 1660 les auteurs de la Grammaire générale et raisonnée. À méditer en ce XXIe siècle.

 

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/orthographe-a-l-ecole-un-temps-d-apprentissage-reduit-et-des-pedagogies-nouvelles-inefficaces-10338/


 


 

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